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Pourquoi Maximilien Robespierre ?

dimanche 17 février 2008 (Date de rédaction antérieure : 14 juillet 2006).

"Nobody is perfect"

Robespierre ne saurait déroger à cette règle...

En revanche, il fut tant accablé de tous les maux de la Révolution, qu’un juste plaidoyer en sa faveur sera toujours nécessaire.

Robespierre était un dictateur, il était sanguinaire et c’est lui qui a institué la Terreur. Robespierre était un extrémiste, il se prenait pour Dieu et a fait fermer les églises. Robespierre, c’était la guillotine et il a fait éliminer tous ses amis Robespierre a commis ou a fait commettre les pires atrocités partout en France.

Bouh ! Qu’il était méchant ce vilain Robespierre !

Au « Catalogue des Idées Reçues », figure à la rubrique « Révolution française », un personnage qui le plus souvent détient une réputation exécrable. Il s’agit de Maximilien Robespierre.

A la simple évocation de son nom, la première image qui vient à l’esprit à bon nombres de nos congénères, c’est la terrifiante guillotine. Par analogie, Robespierre semble être pour l’éternité lié à la Terreur, la répression, la dictature, la destruction des églises.

Les idées reçues naissent le plus souvent par la rumeur, les non-dits et les diffamations de toutes sortes. Pour ce qui concerne Robespierre, les attaques incessantes dont il fut l’objet finirent par forger les esprits et, la remarquable propagande thermidorienne, « le venin thermidorien », toutes les calomnies et la légendre du gendarme Merda, achevèrent de salir pour longtemps la mémoire de ce grand Homme de l’An II.

Par malheur, l’école de la République, troisième du nom, plus soucieuse de fédérer ses enfants, de quelque lieu qu’ils soient en France, et d’endoctriner ceux qui allaient fournir la « chair à canon des Tranchées de 1914 », préféra user et abuser des « Images d’Epinal » et continua ainsi à véhiculer dans ses manuels scolaires, omissions et contre vérités.

La plupart des grandes figures de 1789, et là, c’est bien de l’année dont il s’agit, ont bénéficié d’une sympathie particulière, incarnant, d’une certaine façon, la « Révolution bleu – blanc – rouge ». Robespierre lui, s’est vu attribuer le symbole d’une période de notre Histoire plutôt « bleu – vert –rouge », bleue comme la lame de la guillotine, vert comme la peur et rouge comme le sang.

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. Ainsi, Robespierre, Saint-Just, Couthon et beaucoupo d’autres encore furent-il condamné sans procès. La Terreur blanche fut elle aussi sanguinaire !

Guillotine donc,

On a intimement lié Robespierre à cette machine à tuer. Une estampe thermidorienne l’a même représenté en train d’exécuter le bourreau alors que ce dernier venait d’occire la France entière. La chose est d’autant plus injuste que ce fut Robespierre qui réclama le premier l’abolition de la peine de mort et ceci, dès 1790 ! Sa démarche était innovatrice, à une époque où le peuple avait l’habitude de voir des gens roués vifs, écartelés, pendus ou encore décapités à la hache, sur la place publique. Robespierre intervint de nombreuses fois à la tribune de la Constituante pour défendre son point de vue, mais il n’obtint jamais gain de cause Il refusa toujours de lâcher en pâture aux exécuteurs, les soixante-treize députés Girondins, qui furent ainsi épargnés et les exemples de ce genre furent nombreux. Ceci étant, l’on ne pourra m’empêcher de condamner la terrible Loi de Prairial et surtout la manière dont fut contrôlée sa mise en application !

Terreur donc,

Ce système politique fut instauré par Barère, et non par Robespierre, sous la pression des ultra révolutionnaires, « Enragés », « Hébertistes », mais également Marat qui réclamait pas moins de « vingt-cinq mille têtes pour épurer la Révolution. En jetant les « Droits de l’Homme et du Citoyen » aux orties ; la Terreur tentait de répondre aux exigences politiques, économiques, civiles et militaires. Il s’agissait de sortir la France de la situation critique où elle se trouvait à cause de la guerre. Or justement cette guerre, Robespierre avait, presque seul, annoncé les dangers qu’elle représenterait pour la Révolution. Il consacra cinq mois de sa vie politique pour empêcher que la France ne s’abîme dans les vicissitudes belliqueuses. Visionnaire, Robespierre avait pressenti le danger qui allait très vite menacer la démocratie naissante. Malheureusement, ses craintes furent rapisement onfirmées par les revers militaires, les trahisons de La Fayette puis de Dumouriez.La pénurie qui engendra la disette et la famine exacerbèrent les plus extremistes, autrement appelés "les Enragés". Ainsi, la Terreur fut-elle une des terribles conséquences de cette guerre. Il n’en demeure pas moins vrai que les excès de celle-ci furent terribles et restent condamnables pour l’éternité.

Répression donc,

Véritable « gâchis historique », la Révolution telle qu’elle fut menée, engendra la contre révolution. Certains Représentants en mission, cupides, vénaux et exaltés, se conduisirent en ignobles bourreaux et commirent d’innombrables exactions. La France a conservé ses terribles souvenirs en sa mémoire collective. Pour l’opinion publique, toutes ces atrocités c’était la Terreur, donc s’était Robespierre. Pourtant, ce fut bien Robespierre qui fit revenir à Paris, Barras et Fréron, exécuteurs à Toulon et Marseille, Collot d’Herbois, mitrailleur à Lyon et Carrier, assassin sadique à Nantes. Robespierre considérait ces individus comme « des proconsuls, gavés de sang et de rapines ». Bien qu’il ne fût pas Franc-Maçon, Robespierre comptait de nombreux amis parmi les membres de Grand Orient, il ne pouvait donc tolérer les exactions commises par quelques fanatiques.

Déchristianisation donc,

L’apogée du mouvement de déchristianisation eut lieu à l’automne 1793. L’on de défroqua, l’on détruisit les édifices religieux, l’on pourchassa les prêtres et l’on entreprit de transformer l’athéisme même en nouvelle religion. Même l’évêque Gobel vint déposer ses insignes épiscopaux devant la tribune de la Convention ! Robespierre condamna cette dérive intolérante et revendiqua la liberté de croire ou non. Tous ceux qui avaient souhaité la Révolution, à l’instar des Voltairiens, pour anéantir la religion, ne lu pardonnèrent jamais pas plus qu’ils ne purent lui pardonner quelques mois plus tard, l’instauration d’une sorte de religion d’Etat, le Culte de l’Etre Suprême. Tous ceux-là étaient de futurs Thermidoriens…

Dictature donc,

Le Comité de Salut Public, créé par Danton, et non par Robespierre, fonctionnait avec douze membres. Après la mort de Robespierre et ses amis Saint-Just et Couthon, il fut aisé pour les vainqueurs du Coup d’Etat de Thermidor de déclarer « ce n’était pas nous, c’étaient eux » ou encore « C’est Robespierre qui dirigeait tout, c’était un dictateur ». Troublante attitude pour un dictateur, que celle qu’eut Robespierre qui, après une énième dispute avec la frange extrémiste du Comité (Collot d’Herbois, Billaud-Varrenne), abandonna la vie politique durant huit semaines et s’en alla se promener avec son chien "Brount" dans les allées du bois qui se situait à l’emplacement actuel des Champs Elysées. « Ils m’appellent tyran… Si je l’étais, ils ramperaient à mes pieds, je les gorgerais d’or, je leur assurerais le droit de commettre tous les crimes et ils seraient reconnaissants » déclara Robespierre dans son dernier discours du 8 Thermidor An II.

Pourtant, Robespierre, l’Incorruptible

Toutefois, Robespierre laissa une marque positive dans l’Histoire, son incorruptibilité et son désintéressement furent unanimement reconnus. Inlassablement, il défendit la notion de vertu, que ce fût au niveau politique ou bien au niveau social. Pourtant, de nos jours, le mot "vertu" fait sourire, si même il ne fait pas peur !

Dés le début de la Révolution, le vénal Mirabeau, « la Torche de Provence », avait dit à propos de « la Chandelle d’Arras » : « On ne peut acheter cet homme, il n’a besoin de rien ». Pourtant, Robespierre avait besoin d’une chose, lui qui avait, selon son propre aveu, infiniment d’amour propre, trop sans doute, ne fut pas assez compris par ses contemporains et, ses désirs d’assistance aux indigents et aux vieillards, de laïcisation, de fraternité raciale et sociale, de suffrage universel, sa lutte contre l’esclavage, etc… ne relevèrent malheureusement à cette époque, seulement du domaine de l’utopie. En fait, Robespierre avait un, et même parfois deux siècles d’avance sur son temps ! Une chose est regrettable, il manque de pédagogie et de charisme pour faire avancer un peu plus ses idées.

« Plaider la cause du faible contre le fort qui l’exploite et l’écrase, c’est le devoir de tout cœur, que l’égoïsme et la corruption n’ont pas gangrenés. Pour moi, la tâche de ma vie sera de secourir ceux qui souffrent et de poursuivre de ma parole vengeresse ceux qui, sans pitié pour l’humanité, se font un plaisir et une joie des souffrances d’autrui. Trop heureux si mes faibles efforts sont couronnés de succès et si, pour prix de mon dévouement et de mes sacrifices, ma mémoire n’est pas ternie par les calomnies des oppresseurs que j’aurais combattus. »

Ce que Robespierre avait pressenti, s’avéra être une terrible prophétie…

Dominique RONDELOT

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